Musée du quai Branly –Jacques Chirac : bijoux de culture dans un écrin végétal

Au menu de la précédente vidéo de Plantiste, le musée du quai Branly, véritable Oasis parisien. Cet espace présente un contraste fascinant avec la ville de Paris qui l’a vu naître non sans difficulté, aussi bien sur le plan architectural et artistique que sur le plan végétal. Portrait robot d’un lieu culturel pas comme les autres, et de son fabuleux jardin.

 Un vase clos qui invite au voyage

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Situé le long du quai de Seine qui lui a donné son nom, le musée du quai Branly valorise l’art et la culture des civilisations d’Afrique, d’Asie, des Amériques et d’Océanie, en bref l’art non-occidental. Si les motifs d’une telle entreprise ont longtemps fait jaser, ce lieu est pourtant aussi surprenant qu’il semble indispensable, dans son fond comme dans sa forme.

En premier lieu, le bâtiment principal est une démonstration architecturale. Par dessus des lignes ultramodernes, des couleurs ocres, élémentales rappellent la thématique essentielle du musée. Jean Nouvel, l’architecte à qui la construction doit sa silhouette, avait tout de même voulu faire hommage au quartier : sous le manteau rouge, une structure métallique de 3200 tonnes, fixée par 500 000 boulons, imite avec pudeur la tour Eiffel située non loin. Les vastes salles d’exposition qu’elle abrite, sont entourées par un large jardin en mouvement.

Sur 18 000 m2, soit les trois quarts du terrain, cette « jungle » imaginée par le paysagiste Gilles Clément laisse au promeneur l’impression qu’elle a toujours été là. Si l’agencement sauvage de ce petit paysage évoquerait presque une forêt tropicale, les plantes plus occidentales qui le constituent n’ont pas étés choisies ni disposées par hasard.

Ainsi peut on retrouver sous la structure principale (construite sur pilotis), un parterre d’Euphorbes, qui poussent habituellement dans les sous bois où la lumière se fait rare… du moins jusqu’au soir : dès la nuit tombée, l’installation lumineuse du plasticien Yann Kersalé parsème le sol de lueurs bleutées.

On s’y tromperait presque, mais la promenade est gratuite et ouverte à tous, offrant aux touristes et riverains un silence surréaliste en plein cœur de Paris.

Une Gestation compliquée

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Désormais un incontournable de la vie culturelle parisienne, le musée du quai Branly est pourtant un nouveau né. Pendant longtemps, le terrain en déshérence du 37 quai Branly aura attendu que riverains et politiques se mettent d’accord sur son usage.

D’abord garde meuble national au 19ème siècle, puis centre des métiers durant l’exposition universelle de 1937, le lieu aura par la suite fait l’objet de nombreux projets avortés. Beaucoup de dirigeants, dont François Mitterrand, s’y seront cassé les dents. À la fin des années 80, ce dernier voulait développer un dernier grand projet au sein de la ville de paris. Ainsi, le président de la république lançait il un appel à projet architectural visant à bâtir un centre de conférence international.

Râlée par les riverains au point que Mitterrand envisage d’utiliser la « procédure de projet d’intérêt général », cette initiative se heurtera finalement à la cohabitation politique entre droite et gauche ainsi qu’à la crise immobilière de 1993. À noter que durant la même période étaient développés les jardins en mouvement du parc André Citroën, sous le regard attentif de Gilles Clément, qui allait plus tard étendre le concept au quai Branly.

Il faudra pour cela attendre plus de dix ans, et la création, sous l’impulsion de Jacques Chirac, d’un espace culturel dédié aux arts premiers. Le lieu ouvrira finalement ses portes en Juin 2006 après 4 ans de travaux, sous les Yeux de Jean Nouvel, Gilles Clément, Jacques Chirac, Kofi Annan et de nombreuses personnalités.

Un lieu qui fourmille d’activités annexes 

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Aujourd’hui, le passant qui longe les quais de scène ne peut pas ignorer les hautes palissades de verre qui masquent le jardin, ni l’imposante façade plantée développée par Patrick Blanc, papa des murs végétaux, chez qui « Plantiste » se rendait il y a peu. Cette devanture hors du commun s’apprête d’ailleurs à rafraîchir sa parure naturelle, grâce à une opération de mécénat à laquelle le public est invité à participer ici

Cet été, vous pourrez également profiter des salons de lecture au cœur du jardin, ou découvrir tout en vous relaxant des sons étonnants amenés par « les siestes électroniques », festival de « musique aventureuse » de passage cette année au quai Branly.

Restent bien sûr les expositions, avec en ce moment « Picasso Primitif », rétrospective mettant en relation l’art premier et l’œuvre contemporaine du célèbre peintre, et « La pierre sacrée des Maori », qui met le cap sur la Nouvelle Zélande et son or vert traditionnellement travaillé par les fameux guerriers tatoués.

À noter que le musée organise régulièrement des vernissage nocturnes événement. « Les befores du quai Branly » offrent en effet au public la possibilité de parcourir en soirée le lieu qui se rempli alors d’activités, DJ sets et performances thématiques, attirant un public de tout âge.

Autant de bonnes excuses pour (re)découvrir un endroit unique, sans oublier de faire le tour du jardin !

Plus d’infos sur http://www.quaibranly.fr/fr/ 

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